Le minitel

Au milieu des années 1970, les pouvoirs publics français décident de s’engager dans la conception d’un appareil permettant de remplacer les annuaires papier, dont le coût astronomique ne fait qu’augmenter au fil des ans.

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La naissance du Minitel

Quelques années plus tard, il est clair que l’informatisation de la société et le boum des télécommunications provoquera d’autres besoins qu’un simple annuaire électronique: loin de poursuivre leur essor indépendamment l’une de l’autre, informatique et télécommunications étaient appelées, un jour ou l’autre, à se marier. De cette union est née la télématique, avec le réseau Télétel – constitué de deux réseaux distincts, le RTC et le réseau Transpac – et une de ses incarnations, le Minitel. Au début des années 1980, la diffusion de l’appareil est initialement tentée dans des villes pilotes: quelques centaines de foyers de Vélizy sont équipés d’un décodeur du protocole vidéotex (textes, graphiques, etc., codés sous forme numérique); l’écran de visualisation n’est autre que le téléviseur. Cette concurrence déloyale avec la télévision débouchera rapidement sur la construction d’un terminal autonome.

Très vite, le Minitel se développe; les messageries fleurissent, les heures de connexion saturent le réseau Transpac. En 1987, avec les 36 16 et 36 17, les bases de données professionnelles font leur entrée sur le réseau. Aujourd’hui, il existe près de 25 000 services permettant par exemple à l’abonné de réserver des places, d’effectuer des opérations bancaires, des passages de commande, d’accéder aux dernières informations, de consulter des données économiques sur les sociétés, etc. La recherche de l’information se fait selon une structure arborescente (le serveur guide l’usager jusqu’à l’information) ou grâce à l’utilisation de mots-clés (l’accès à l’information est direct).

Les performances du Minitel

Les catégories de Minitel sont différenciées par la forme de l’appareil et surtout par ses possibilités de mémorisation: répertoire téléphonique, composition automatique de numéros, protection par mot de passe. Le Minitel 2 dispose de deux jeux de caractères redéfinissables en cours de connexion, ce qui améliore la définition d’affichage. Le futur Minitel photographique utilisera le Télétel à vitesse rapide, associé au mode de compression d’images JPEG. Le Minitel 5 portable comprend un écran à cristaux liquides et un accumulateur rechargeable. Les possibilités réduites du terminal Minitel ne lui permettent pas de rivaliser avec un terminal informatique. Aussi a-t-on recours à un émulateur de Minitel pour enregistrer les procédures de connexion à un serveur et effectuer la recherche d’un service particulier. Les informations sont «capturées» puis stockées sur le disque dur de l’ordinateur pour être exploitées par d’autres logiciels. Si le Minitel offre de nombreux services, il est fort coûteux, et le mode vidéotex, très lent (réception à 1 200 bits/s et émission à 75 bits/s) comparé aux 28 000 bits/s d’un ordinateur équipé d’un modem. Il existe un Minitel plus rapide (9 600 bits/s, c’est-à-dire 8 fois plus rapide que le Minitel standard) mais les services accessibles restent chers et peu nombreux.

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